Le burn out est un syndrome « populaire » mais finalement méconnu dans ses origines et dans ses conséquences. Commençons par le début : les origines du mal et les facteurs de stress.

Facteurs de risque du Burn out de la vie professionnelle bien connus

Le syndrome burn out a été décrit par C. Maslash et S.Jackson par une combinaison de 3 dimensions constituantes. Celles-ci sont indépendantes ou liées entre elles, mais toujours la conséquence de facteurs de stress. Les dimensions sont représentées par les 3 pôles ronds et les facteurs de stress constellent l’infographie.

Les 3 dimensions du burn out

1. L’épuisement professionnel

L’épuisement est le symptôme et la dimension la plus connue et acceptée du burn out. L’acception française est d’ailleurs « syndrome d’épuisement professionnel ».
Connue et acceptée car, tout le monde comprend que travailler durement ou dans de mauvaises conditions fatigue. Cependant, l’épuisement décrit est physique mais surtout psychique. Le cerveau, l’appareil digestif, voire hépatique a tellement été fatigué qu’il a prématurément vieilli.

2. Le Cynisme, plus communément décrit comme dépersonnalisation

Cynisme et dépersonnalisation sont mentionnés par divers spécialistes en tant que dimension (identique ou de substitution) du burn out, et pourtant les expressions ne définissent pas précisément la même chose.

L’expression cynisme souligne le détachement et la désillusion d’un professionnel. Souvent sur-investi (on surnomme parfois le burn out « maladie du battant »), exposés à la désorganisation, la malveillance de l’organisation ou l’impossibilité d’atteindre l’objectif fixé, il perd la foi et devient cynique. Il marque alors, défiance, désintérêt, pessimisme, ironie…

La dépersonnalisation décrit une dissociation entre la personnalité de l’individu et la perception qu’il a de lui-même. La perte des émotions est fréquente. Et le sujet peut avoir le sentiment d’être un observateur d lui-même.

Les deux notions n’ont donc rien à voir si l’on se réfère à l’acception médicale de la dépersonnalisation. Néanmoins, si l’on considère celle-ci comme une déconnexion entre la personnalité profonde (son système de valeur, ses croyances, ses objectifs, ses attentes) et les conditions d’expression de la personne professionnelle le terme prend une autre dimension. Cette dissociation aboutie irrémédiablement dans le cynisme.
Enfin, il est plus facile d’identifier un collègues glissant vers le cynisme qu’un phénomène de dépersonnalisation.

3. Les troubles cognitifs

Les dégradations cognitives sont handicapantes et longues à recouvrer. Les systèmes hormonaux du stress devenus incapables de se réguler injectent des doses nocives au cerveau. Celui-ci perd silencieusement ses facultés. Les dommages se localisent en général dans la mémoire, l’attention, la concentration, la compréhension.

Vous trouverez souvent cette dimension sous le titre de baisse de productivité. Cette dernière est conséquente d’handicaps nouveaux (donc les troubles cognitifs).

Pour aller plus loin, voici un article éclairant sur la définition du burn out.

19 facteurs de stress causes de Burn Out

Facteur de stress 1 : le temps passé, c’est-à-dire le horaires

Commençons par le plus évident. Les horaires à rallonge sont souvent associés au burn out dans l’imaginaire collectif. Ils y contribuent. Mais en général ce facteur est associé à d’autres facteurs de risque. Il n’y a pas de limite horaire valable pour tout le monde.

Conseil anti burn out : limitez-vous à ce que votre contrat prévoit + 10% d’heures supplémentaire si vous les croyez nécessaire mais avec des moments de récupération. Ecoutez-vous et surtout diversifiez vos centres d’intérêt (famille, art, sport, bénévolat…).

Facteur de stress 2 : Tâches complexes

Il s’agit ici de comprendre que certaines tâches mobilisent plus vos capacités cognitives et intellectuelles. Votre cerveau comme le reste de votre corps progresse avec de bonnes stimulations, mais se détériore si vous dépassez ses limites. Une tâche complexe à gérer régulièrement vous fera du bien et vous sortira de la routine. En gérer 3 en même temps est déraisonnable.

Conseil anti burn out : ne prenez qu’une tâche difficile à la fois. Refusez les dossiers, ou différez-le, sous-traitez autant que vous le pouvez. Il vaut mieux bien réussir une chose que de livrer 3 sujets qui devront être repris.

Facteur de stress 3 : Nombreuses tâches

Ce facteur de risque peut sembler étonnant. Heureusement, nous ne sommes pas mono-tâche dans notre vie. Cependant, nous avons des domaines de prédilection et savons bien que nous ne pouvons pas tout faire. En effet, demander à quelqu’un de faire du marketing et de la gestion de projet (et çà arrive presque toujours) n’est pas une meilleure idée que de demander à un vendeur de faire de la comptabilité. Certaines disciplines appellent des compétences tellement différentes qu’elles demandent des efforts considérables.

Conseil anti burn out : Sachez dire non. Montrez que vous traitez des sujets qui ne sont pas le vôtres. Et gardez surtout les sujets sur les quels vous avez des qualités.

Facteur de stress 4 : Sollicitations trop nombreuses

Ici il est question de la disponibilité de l’esprit et de temps de repos entre les sollicitations. Personne ne peut construire un projet difficile et répondre à des dizaines d’emails et appels téléphoniques dans une journée. Tout comme un soignant ou aidant ne peut pas prendre en charge un dizaine de patient ou de demandeurs dans une journée sans y prendre une grande charge émotionnelle.

Conseil anti burn out : organisez votre temps de sorte que vous ne soyez pas dérangé lors du traitement d’une tâche délicate. Par exemple, deux heures par jour, votre téléphone est sur vibreur, votre boite email déconnectée, votre porte fermée. Sacralisez le moment. N’y dérogez pas. Bloquez votre moment « descente » émotionnelle dans le journée si vous êtes en contact avec des patients, personnes dans le besoin ou de clients.

Facteur de stress 5 : Manque de moyens

Le manque de moyen se situe dans de nombreuses dimensions : moyens humains, matériels, budgétaires, des outils obsolètes ou dysfonctionnels, organisationnels également. Ce sujet est malheureusement en hausse croissante accompagnant une vision financiarisée de l’entreprise. Il est commun de voir des professionnels compétents partir à la retraite sans qu’ils ne soient remplacés, mutualiser des services et en comprimer le nombre d’équipiers.

Conseil anti burn out : rappelez toujours le manque de moyen de manière clinique. Des faits, des études, des retours d’expérience

Facteur de stress 6 : Objectifs flous ou inatteignables

Il est incroyable de constater que certains professionnels n’ont pas d’objectifs ou de fiche de poste clairs. Et malheureusement cette absence est courante. Sachez que la jurisprudence condamne clairement cet oubli. Les professionnels manquant de l’un ou de l’autre ont tendance à courir plusieurs lièvres à la fois incapables de prioriser. L’objectif peut également être inatteignable. Comme Sisyphe certains employés s’exténueront à tenter de l’atteindre. Dans ce cas, il y a un vrai danger d’épuisement et perte de sens.

Conseil anti burn out : en l’absence d’objectif faites le savoir, écrivez vos interrogations au besoin et ajoutez les RH si nécessaires. La seule bonne attitude, si vous sentez une résistance, partez. Un manager sans objectif est un mauvais manager.
En l’absence de fiche de poste, exigez la avant la prise du poste. Si vous êtes déjà dans l’entreprise écrivez au manager puis aux RH.

Facteur de stress 7 : Réorganisations multiples

Les réorganisations sont souvent pensées par des consultants venus de l’extérieur qui ont une idée approximative de votre métier, de ce qui ne se voit pas dans une modélisation, et de la culture de votre entreprise. Les nouvelles organisations présentent donc souvent des manqués. Parfois, certaines connaissances disparaissent. De nombreux changements éloignent les collaborateurs, on ne sait plus qui fait quoi.

Conseil anti burn out : Faites de votre mieux pour avoir de bons termes avec l’ensemble des services. Certaines personnes auront envie de vous rendre service, comptez sur eux.

Facteur de stress 8 : Process standards inflexibles ou inadaptés

De même que les organisations peuvent être décrites par des inconnus au métier, des process peuvent être imposés alors qu’il dysfonctionnent. Ils peuvent être beaucoup plus longs, ils peuvent créer une distance avec des individus collaborant correctement jusque là. La frustration est grande, les dossiers peuvent s’accumuler et le temps passé augmenter pour un même nombre de tâches à effectuer. L’impossibilité de prendre des initiatives peut être ressenti comme une punition par certains.

Conseil anti burn out : Essayez de démontrer avec beaucoup de bienveillance ce qui est positif et ce qui l’est moins dans ce process. Soyez factuel, et apportez des outils de mesure. Proposez un test d’évolution. Si vous ne le pouvez pas, prenez de la distance avec les résultats.

Facteur de stress 9 : Délais courts

Notre société est une société de l’information et de la vitesse. Il s’est surement passé quelque chose quand l’email a remplacé le téléphone, le courrier et le coursier. Tout devient tellement proche et donc faisable et immédiat. Les délais de livraison sont guidés plutôt par une vision de marché, l’exigence d’un client plutôt que par la faisabilité. La perception des délais est liée aux moyens alloués à la réalisation. Nous vivons un monde qui veut beaucoup, vite, et pas cher.

Conseil anti burn out : Autant que vous le pouvez ramenez vos managers ou clients à une démarche SMART (définition d’un projet de manière précise, mesurable, acceptable, atteignable et définit dans le temps). Si vous ne le pouvez pas, définissez ce que vous pouvez livrer pour cette date, faites le, et alertez rapidement du retard. Ce retard n’est pas le votre !

Facteur de stress 10 : Insécurité

De crise en crise, des métiers et des secteurs se sont vus fragilisés. Les employés ont peur de perdre leur emploi, et certains managers leur rappellent cette possibilité. C’est une atteinte à un des besoins essentiels selon Maslow. Il est également difficile de faire des projets personnels alors que la situation professionnelle est précaire.

Conseil anti burn out : difficile de faire autrement sauf à changer d’emploi, de secteur.

Facteur de stress 11 : Conflit de valeurs

Certains soignants se rendent compte qu’ils ne font plus les soins comme il se doit. Certains producteurs dégradent la qualité… Les exemples sont nombreux. Dans ce cas, le professionnel ne se reconnait plus. Il perd le sens de son action. Il est en contradiction avec le moteur de son choix professionnel.

Conseil anti burn out : trouvez une niche de réconciliation. Un moment, une tâche qui vous ramène au pourquoi vous êtes là. Et faites le bien. Vous verrez le reste avec plus de distance. Autrement partez.

Facteur de stress 12 : Manque de reconnaissance

La reconnaissance passe par l’argent, mais aussi des félicitations, des mises en avant du travail accompli. S’échiner, se dévouer pour ne jamais être reconnue peut être une souffrance. Elle se découvre quand des reproches peuvent tomber malgré son dévouement. En France nous avons un problème particulier avec la reconnaissance. En effet, nous sommes très en dessous de ce que les Anglophones proposent en promotion interne. Les salariés ont souvent l’impression que quelque soit leurs résultats leur avenir restera inchangé.

Conseil anti burn out : attendez les entretiens annuels pour faire valoir vos résultats. Et dites franchement que vous seriez heureux que les collaborateurs méritant soient remerciés.

Facteur de stress 13 : Manque de considération

Les organisations voient de plus en plus les collaborateurs comme des robots, de simples ressources humaines. Les problèmes ne sont pas pris en compte, les propositions pas écoutées…

Conseil anti burn out : comme pour la reconnaissance, faites-le valoir lors de moment choisis. Cependant, ceci tient beaucoup à la culture d’entreprise. Alors, cherchez ailleurs.

Facteur de stress 14 : Manque d’autonomie

L’autonomie tient au poste, vos compétences, ancienneté dans le poste, aux process, et à la personnalité du manager.

Conseil anti burn out: Les leviers d’amélioration sont nombreux. Si votre boss ne sait pas déléguer, vous n’y arriverez que difficilement. Si vous n’avez pas prise sur les concepteurs des process, soyez actif envers votre manager. Sur les autres points avec patience et communication bienveillante vous devriez gagner peu à peu en autonomie.

Facteur de stress 15 : Injonctions paradoxales

C’est un point délicat parce que souvent pernicieux et caché. Concrètement, des organisations demandent à des experts de faire de la qualité rapidement, ou à des managers de faire de l’ultra-croissance et en même temps que de meilleures marges… Pour faire simple, ça rend fou. On ne sait plus dans quel sens le vent souffle.

Conseil anti burn out : demandez solennellement votre priorité. Si vous n’en avez pas, partez.

Facteur de stress 16 : Empêchement

Pour des raisons de manque de temps, de malveillance ou d’incompétence des collègues ne sont pas en mesure de produire le travail attendu et pourtant nécessaire.

Conseil anti burn out : Soyez intransigeant : planifiez les livrables avec vos collaborateurs, rédigez des comptes rendus, et communiquez les. Demandez au collaborateur de proposer des améliorations. Si vous n’êtes pas satisfait, communiquez l’ensemble des pièces. Un empêchement répété, peut être assimilé à de mauvais traitements.

Facteur de stress 17 : Conflits relationnels

Malgré toute la bienveillance dont on voudrait faire part, on ne peut pas être ami avec tout le monde. Un conflit est stressant. Il peut provoquer des phénomènes physiques ennuyants : boule au ventre, hyper-ventilation, tachycardie, sueurs froides, mastication…

Conseil anti burn out: si vous êtes amené à côtoyer régulièrement cette personne, crevez l’abcès. Prenez rdv, et amorcer une communication non violente. Ne le désignez pas, et parlez de ce que vous ressentez tout en lui laissant suffisamment de temps d’expression. Invitez-le à donner ses objectifs ou sa vision. Obtenez un compromis.
Si vous faites face à un groupe, parlez isolément aux suiveurs en commençant par les plus sensibles. Remontez peu à peu jusqu’au leader. Si ça ne marche pas, parlez-en avec votre manager pour trouver une solution.

Facteur de stress 18 : Isolement

L’isolement peut être géographique (seul dans son bureau ou dans sa voiture), relationnel (personne ne parle a collaborateur). Nous avons tous besoin d’appartenir à un groupe, de sentir que notre présence est utile et appréciée. Les études ont montré que les interactions humaines protégeaient (partiellement) de la dépression. Il est regrettable de voir que l’isolement est utilisé pour pousser certaines personnes à partir. Les gens ne peuvent pas toujours démissionner et se trouvent dans une situation invivable.

Conseil anti burn out : analysez bien les raisons de votre isolement. Si vous pouvez vous rapprocher de collègues faites-le. Si vous êtes placardisé, trouver un manager bienveillant avec qui en parler.

Facteur de stress 19 : Harcèlement

C’est un fléau. On parle beaucoup de pervers narcissiques. Il est aussi des professionnels dont la principale compétence est d’éliminer la concurrence. Le harcèlement revêt des habits variés : de l’insulte, à la rumeur aux pièges montés sur plusieurs mois.

Conseil anti burn out: Quelle qu’en soit la raison et la forme, ne vous montrez pas en ennemi de votre harceleur. Montrez-lui les limites de vos interactions. N’en attendez rien. Et stockez autant de preuves que vous pouvez dans vos documents personnels. Le jour où votre dossier est assez lourd vous demandez un rdv au RH et vous leur faites clairement comprendre que si l’entreprise ne se charge pas du dossier vous irez trouver les autorités (médecin du travail, inspection du travail, justice).

Comment lire et comprendre cette liste de risques de burn out ?

Les 3 dimensions du burn out

On parle de syndrome d’épuisement professionnel en français. Il s’agit donc d’une « accumulation » de symptômes répertoriés dans les trois dimensions (épuisement, cynisme et troubles cognitifs). Les causes sont strictement professionnelles. Les sources de stress personnelles peuvent être aggravantes et il peut y avoir des effets de vase communicants.

Donc un sujet atteint de burn out présente des symptômes de chaque dimension.

Les facteurs de risques de burn out

Pris individuellement un des facteurs de stress mentionné ne présente pas un grand risque si l’exposition est ponctuelle. C’est l’accumulation des facteurs en nombre et/ou dans le temps qui augmente le risque de stress chronique et ses conséquences malheureuses.

Certains entre eux s’alimentent généreusement. Par exemple, le manque de personnel et le manque de reconnaissance auront tendance à augmenter la charge de travail déjà importante d’un collaborateur soucieux de bien faire et de progresser. Il est difficile d’établir une règle spécifiant le niveau maximum à atteindre. Cependant cumuler 5 ou plus de ces facteurs de stress apparaît comme un risque majeur de burn out.

Source principale : rapport de la Haute Autorité de la Santé ; « Mesurer les facteurs psychosociaux de risque au travail pour les maîtriser »

Nico Pellerin

Expert digital, dont 10 ans dans le développement d'activités innovantes avec de grands groupe, des pure-players ou en start-up. Concerné et passionné par les médecines douces, il partage ses recherches et expériences  bien-être avec les visiteurs de Feel-Good.space

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